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lundi 3 octobre 2016

Les constructeurs auto investissent la Silicon Valley

Qu'il s'agisse d'un bureau de veille, d'un centre de recherche et développement ou d'une branche de leur fonds d'investissement, tous les constructeurs automobiles veulent désormais disposer d'une adresse en Silicon Valley.

Mercedes-Benz et Volkswagen ont installé des petites équipes dans la Silicon Valley dès la seconde moitié des années 1990 et depuis cinq ans tous les autres s'y précipitent : Ford, Renault-Nissan, Toyota, Honda

Une dizaine de constructeurs automobiles y sont désormais installés, dans l'espoir de trouver des solutions pour faire face à deux révolutions :

  1. le déplacement de la valeur ajoutée vers les logiciels, la voiture autonome en étant l'incarnation la plus poussée
  2. l'évolution des modes de consommation de la propriété à la location, symbolisée par le succès d'Uber. 

La combinaison des deux - une voiture autonome partagée - pourrait conduire à une baisse de 40 % des ventes de voitures aux Etats-Unis d'ici à 2040, selon l'analyste Brian Johnson, de la banque Barclays.

L'installation d'un laboratoire en Californie doit permettre aux fabricants de mieux répondre à cette menace. D'abord, en débauchant plus facilement les meilleurs ingénieurs et développeurs des entreprises high-tech, ensuite, en leur permettant d'être en contact permanent avec les start-up et les universités de la région, notamment Stanford, à la pointe sur les sujets de voiture autonome, d'intelligence artificielle et d'interface homme-machine.

Toyota vient ainsi de lancer au début de l'année un laboratoire de recherche spécialement consacré à l'intelligence artificielle et à la robotique, dont l'effectif, actuellement de 70 personnes, va monter à 200.

Ford, qui dispose d'un laboratoire de 130 personnes à Palo Alto, s'est récemment associé à Amazon pour intégrer Alexa - l'assistante numérique de son enceinte Echo - dans son système de bord.

Mercedes-Benz a, lui, travaillé à l'intégration du thermostat connecté Nest de Google - pour que le chauffage de la maison s'adapte en fonction de la distance restant à parcourir par la voiture.

Désormais, les constructeurs vont au-delà de la simple collaboration, en investissant ou rachetant des start-up. Le coréen Hyundai, qui dispose sur place d'une petite équipe de 10 personnes depuis 2011, a investi dans un outil de reconnaissance musicale, une technologie de recharge sans fil et un fabricant d'un nouveau type d'ampoules écologiques.

De son côté, General Motors a mis la main sur Cruise Automation, une start-up ayant développé un « kit » rendant les voitures autonomes, pour 1 milliard de dollars.

Vu dans Les Echos (Anaïs MOUTOT)

jeudi 18 août 2016

Tour du monde des villes qui bâtissent leur "Silicon Valley" : Chine (Shenzhen) (3/6)

Partout dans le monde, d'autres villes ont bâti leur propre Silicon Valley. Le Figaro Economie a fait le tour de certaines de ces villes.

SHENZHEN : Symbole du miracle économique chinois, la ville industrielle se convertit rapidement aux services innovants.

Surnommée la Silicon Valley du « hardware », Shenzhen offre « un écosystème industriel unique au monde », observe Karina Chang, la responsable de HAX pour la Chine, accélérateur de start-up fondé par le Français Cyril Ebersweiler.

« Tous les chemins mènent à Shenzhen dès qu'il s'agit de fabriquer des objets. Pour 9 euros, vous achetez une puce et transformez une chaise ou un bureau en un objet intelligent », s'enthousiasme Karina Chang, invitant le visiteur à regarder par la fenêtre : « En bas, voyez-vous l'enseigne Segbuy ? C'est un immense marché de composants électroniques auquel nos inventeurs s'approvisionnent souvent. »

Symbole de l'usine du monde, Shenzhen continue de se métamorphoser. Devenue zone économique spéciale en 1979, elle incarne le miracle économique chinois. Au moins 15 millions de personnes y habitent, cinquante fois plus qu'il y a trente ans.

Pékin souhaite voir la Chine devenir innovante et tournée vers les services. Shenzhen précède le mouvement, et revendique déjà le siège de quelque 8 000 sociétés technologiques, dont les géants du Web (Tencent), du téléphone (Huawei) ou des drones (DJI).

Les investissements en R&D en 2015 sont, selon Bloomberg, estimés à 3 milliards de dollars, près de 6 % du PIB de Shenzhen, contre 2,3 % en moyenne à l'échelle de la Chine. La croissance visée reste proche des 9 %, contre 6,5 % pour l'ensemble du pays, et le produit intérieur brut par habitant a pour la première fois atteint 24 000 euros l'an dernier. En outre, la ville commence à prendre soin de ses habitants, à l'américaine, comme en témoigne la superbe promenade aménagée sur la baie face à Hong­kong.

Le mouvement des « makers » caractérise aussi cette autre Silicon Valley.

Ces passionnés fabriquent de nouveaux objets à des coûts défiant toute concurrence. « Nous sommes un maker pour les "Makers" », sourit Albert Miao, cofondateur de Seeed. Cette entreprise créée en 2008 aide « ceux qui ont des idées à les concrétiser ». Aujourd'hui, Seeed emploie 250 personnes, vend des composants dans le monde entier et voit les Chinois devenir à leur tour des inventeurs.

Vu dans Le Figaro du 10/08/16 (Frédéric LELIÈVRE)

jeudi 4 août 2016

BulldozAIR, la nouvelle pépite tricolore du Y Combinator

La start-up BulldozAIR édite un logiciel de suivi de chantier. Elle est la 6ème startup française en dix ans à être acceptée au sein du prestigieux accélérateur Y Combinator.

L'aventure californienne de BulldozAIR remonte à avril 2016. La start-up française éditrice d'une solution de gestion de tâches pour les équipes de construction, entre dans « UBI I/O », le programme d'accélération de bpifrance et Business France dans la Silicon Valley.

« Notre ténacité a dû jouer, analyse Ali El Hariri, cofondateur de la société. Nous nous étions déjà présentés un an auparavant et avions été recalés. Mais l'échec là-bas n'a pas le même sens qu'en France. Cette année, nous avons focalisé notre présentation sur les progrès récents de notre business model : initialement gratuit et destiné aux petites entreprises, nous avons transformé notre produit pour le rendre utilisable par des grands groupes. Total, la SNCF, Air Liquide, Bouygues, Vinci et Eiffage font désormais partie de nos clients. »

La qualité de l'outil mis au point par BulldozAIR, adaptable à toutes sortes de clients, dans un secteur réputé peu technophile, a fait le reste, tout comme la complémentarité des deux fondateurs, l'un expert du secteur de la construction, l'autre du développement d'applications mobiles B to B.

Pour bénéficier du programme, la pépite s'est adaptée en créant une société juridiquement américaine. La moitié de l'équipe de 15 personnes s'est installée pour trois mois à San Francisco, tandis que les équipes techniques de R&D sont restées en France.

Vu dans Les Echos du 08/07/16 (Géraldine DAUVERGNE)

jeudi 2 juin 2016

L'espace, le nouveau cheval de bataille des investisseurs de la Silicon Valley

Depuis le succès de SpaceX, les fonds de capital-risque investissent de plus en plus dans les start-up du domaine spatial.

En 2015, le montant levé a été près de deux fois plus élevé que le total des 14 années précédentes. Les fonds de capital-risque ont longtemps considéré le secteur spatial comme trop risqué et lent à produire un retour sur investissement. Mais les montants mis sur la table l'année dernière indiquent qu'ils sont en train de changer d'avis. Selon un récent rapport du Tauri Group , un groupe de consultants en défense et en aérospatial, 1,8 milliard de dollars ont été investis par les « venture capitalists » en 2015, soit 70 % de plus que le total des quatorze précédentes années.

Trois start-up spatiales étaient créées chaque année en moyenne au début des années 2000, ce chiffre est monté à 8 depuis cinq ans. La majorité des fonds levés l'année dernière est allée à Space X , créé par Elon Musk en 2002, et OneWeb, lancé par Greg Wyler. Surtout connue pour ses fusées ré-utilisables, Space X a annoncé début 2015 se lancer dans la production de satellites. Il s'est fixé comme objectif d'envoyer 4.000 mini-satellites à 1.200 kilomètres de la Terre d'ici à 2030. OneWeb s'est, lui, associé à Airbus pour lancer une constellation de 900 petits satellites.

Le secteur des nano (entre 1 et 10 kg) et micro (entre 10 et 100 kg) satellites envoyés en orbite basse, à moins de 2.000 kilomètres d'altitude, est en plein boom. Il a été poussé par la révolution des « Cubesats », des satellites de la taille d'un cube de 10 cm d'arête créés en 1999 par l'université de Standford et l'université Polytechnique de Californie.

Le nombre de satellites pesant entre 1 et 50 kg lancés dans l'espace a ainsi augmenté de 39 % chaque année entre 2010 et 2015, pour atteindre 131 lancements l'année dernière, selon une étude de SpaceWorks.

La majorité des usages des start-up du secteur (Planet Labs, Spire...) tourne autour de la capture d'images de la surface de Terre. Le nombre élevé de satellites permet de prendre plusieurs photographies de la Terre au même moment et beaucoup plus fréquemment que des concurrents reposant sur des gros satellites comme DigitalGlobe.

Ces images constituent des données précieuses pour surveiller l'évolution des ressources naturelles (pétrole, mines), aussi bien que les récoltes ou la déforestation. Plusieurs autres jeunes pousses (Descartes Lab, Orbital Insights, SpaceKnown) misent donc elles sur l'exploitation de ces Big Data.

Les investisseurs sont également encouragés par plusieurs sorties réussies, qui ont prouvé la possibilité d'obtenir des retours sur investissements élevés. Quand Skybox Imaging, un fabricant de micro-satellites, a été racheté par Google en 2014 pour 478 millions de dollars, les fonds ont récupéré 5,3 fois leur mise. Mais le plus gros retour sur investissement (8,5 fois) concerne Climate Corporation, une société exploitant les données des satellites sur la météo pour les agriculteurs, rachetée 930 millions de dollars par Monsanto en 2013.

Jean-Jacques DORDAIN, ancien directeur général de l'Agence Spatiale Européenne précise : "Ces deux mondes ont de plus en plus d'intérêts et d'objectifs communs pour innover ensemble. Les Gafa ont bien compris que le spatial est le seul vecteur qui leur permet d'aller chercher légalement des données partout dans le monde et de les redistribuer, sans passer par des autorisations gouvernementales.

Maintenant, le monde de l'espace doit aussi s'intéresser au acteurs du digital. Prenez l'exemple de la météo : il a fallu dix ans pour que les services météo ne s'emparent des données fournies par les satellites. Mais, aujourd'hui, les météorologistes ne peuvent plus se passer de l'espace et sont les premiers à réclamer la troisième génération de satellites météo en orbite géostationnaire.

Le succès des constellations de satellites lancées par la Commission européenne, Galileo (géolocalisation) et Copernicus (observation de la Terre), ne se mesurera pas au nombre de satellites en orbite mais à l'aune des services générés au sol. Je suis optimiste : l'avenir du monde spatial dépend de sa capacité à travailler avec d'autres secteurs, comme le digital, et nous n'en sommes qu'au tout début de l'utilisation de l'espace pour faciliter la vie sur Terre".

Vu dans Les Echos (Anaïs MOUTOT)